Publié le 21 Mai 2013

réalisé par Tony Goldwyn

avec Hilary Swank, Sam Rockwell, Minnie Driver, Melissa Leo, Peter Gallagher, Juliette Lewis, Clea DuVall...

Drame américain. 1h47. 2010.

sortie française : 16 mars 2011

 

Conviction

 

"Conviction" est l’histoire vraie de la lutte d’une femme, pendant 18 ans, pour faire libérer son frère de prison. 1983, Kenny Waters est condamné à perpétuité pour meurtre. Betty Anne, sa sœur, est la seule à être convaincue de son innocence. Face à un système judiciaire qui refuse de coopérer, elle entreprend des études pour obtenir un diplôme d’avocate. Elle mène sa propre enquête afin de faire rouvrir le dossier, n’hésitant pas à sacrifier sa vie de famille. Aidée de sa meilleure amie, Abra Rice, elle est bien décidée à tout mettre en œuvre pour disculper son frère.

 

Conviction : photo Sam Rockwell, Tony Goldwyn

 

"Conviction" est tiré de l'histoire vraie de Betty Anne Waters : cette femme s'est battue pendant 18 ans de sa vie pour faire libérer son frère de prison. En luttant sans cesse contre un système judiciaire qui refuse de l'aider et en reprenant ses études, elle a pratiquement sacrifié sa vie de mère de famille. Les acteurs semblent être investis et sincères. Grâce à eux, on croit totalement aux personnages et cela donne un peu d'émotions. Hilary Swank est parfaite dans le rôle de cette battante. Sam Rockwell, qu'on voit pourtant peu malgré l'importance du rôle, est également impeccable dans le rôle de ce type qui a l'air un peu marginal mais qui perdra 18 ans de sa vie derrière les barreaux. Malgré son air un peu "bad boy", il arrive à donner à son personnage de la sensibilité. Minnie Driver est également la bonne surprise de ce film. Je n'aime pas forcément cette actrice mais je trouve qu'elle apporte un peu de fraîcheur. Melissa Leo en flic tortionnaire, Peter Gallagher en avocat qui apporte de l'espoir et Juliette Lewis en alcoolo-dépravée, sont également parfaits. Je parle beaucoup du casting car sincèrement heureusement que tous ces acteurs sont là ! 

 

Conviction : photo Hilary Swank, Sam Rockwell, Tony Goldwyn

 

Le film n'est pas mauvais, il n'est pas déplaisant et on suit avec intérêt l'histoire de Betty Anne Waters. Même si on connait la fin, j'ai été forcément touchée par le dénouement heureux, malgré les blessures toujours pas réparées. Mais la réalisation est bien trop décevante pour un sujet aussi intéressant. Elle manque vraiment d'intensité. Je ne veux pas faire un jeu de mots pourri mais la mise en scène manque de conviction ! J'ai parfois eu l'impression de voir un petit téléfilm pour M6 ou ces reportages qui reconstituent des enquêtes pour la TNT... Le réalisateur Tony Goldwyn se perd aussi parfois dans les flashbacks par exemple. Même si je reconnais parfois qu'il y a des scènes émouvantes et que le film est fait avec sincérité, j'ai quand même eu l'impression que Goldwyn voulait que le spectateur sorte absolument ses mouchoirs...

 

Conviction : photo Sam Rockwell, Tony Goldwyn

Publié le 18 Mai 2013

réalisé par Jeff Nichols

avec Mathew McConaughey, Jacob Lofland, Tye Sheridan, Sam Shepard, Reese Witherspoon, Michael Shannon...

Comédie dramatique américaine. 2h10. 2012.

sortie française : 1 mai 2013

 

Mud - Sur les rives du Mississippi

 

Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent lors d’une de leurs escapades quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. Mud, c’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Très vite, Mud met les deux adolescents à contribution pour réparer un bateau qui lui permettra de quitter l’île. Difficile cependant pour les garçons de déceler le vrai du faux dans les paroles de Mud. A-t-il vraiment tué un homme, est-il poursuivi par la justice, par des chasseurs de primes ? Et qui est donc cette fille mystérieuse qui vient de débarquer dans leur petite ville de l’Arkansas ?

 

Mud - Sur les rives du Mississippi : Photo Matthew McConaughey, Tye Sheridan

 

Un an après le choc "Take Shelter", Jeff Nichols revient avec son troisième long-métrage, "Mud", qui a été présenté l'an dernier au Festival de Cannes (présidé par Nanni Moretti) en compétition mais qui est reparti les mains vides. On peut sincèrement regretter la décision du jury car "Mud" est un véritable petit bijou. Ce film suit les aventures de deux jeunes adolescents, Ellis et Neckbone, qui rencontrent Mud, un marginal. On apprendra plus tard que cet homme est en fait recherché par la police car il a assassiné un homme. Ce meurtre est lié à la femme qu'il aime, Juniper. Mud apparaît donc comme un repère pour les deux garçons : le premier, Ellis, voit ses parents divorcer et est amoureux de May Pearl, une adolescente plus âgée que lui; quand au deuxième, Neckbone, il vit avec son oncle qui, apparemment, ne traite pas toujours les filles "comme des princesses". La paternité et l'amour sont deux thèmes importants et sont bien traités par le réalisateur. "Mud" est rempli de références littéraires et cinématographiques pour pouvoir nourrir son propos : en effet, le réalisateur ne s'est jamais caché qu'il s'était inspiré des "Aventures de Huckleberry Finn" de Mark Twain, mais on pense aussi au film "La Nuit du Chasseur" de Charles Laughton. Le film apparaît donc comme un conte initiatique avec ses moments comiques mais qui n'oublie jamais une réalité sociale ni ses enjeux dramatiques.

 

Mud - Sur les rives du Mississippi : Photo Sam Shepard

 

Jeff Nichols n'a également jamais oublié un autre "personnage" principal : le Mississippi, ou plus généralement la nature. Ellis évolue dans cet environnement qu'il aime malgré les dangers omniprésents et ne veut partir vivre à la ville. Quant à Mud, il apparaît comme un "warrior" : tout d'abord, gamin, il a été mordu par un serpent près de la rivière mais a su s'en remettre. Puis, Mud peut se cacher près de cette rivière. Du coup, la nature, pourtant sauvage, paraît comme protectrice. Le côté spirituel de Mud m'a également plu, ce qui renforce encore plus dans l'atmosphère qui règne tout le long du film. Jeff Nichols n'a donc rien négligé dans la mise en scène et dans des éléments clés du scénario. Son film a un côté simple, paraît presque très classique et accessible mais pourtant il est extrêmement riche. Matthew McConaughey est vraiment excellent : décidément, il se bonifie avec le temps et au fil des films ! J'ai également beaucoup aimé les deux ados, interprétés par Jacob Lofland et Tye Sheridan, qui sont naturels et spontanés. Les seconds rôles sont également convaincants, que ce soit Reese Witherspoon qui joue une paumée touchante (même si elle n'a pas de grandes longues jambes, comme le dit pourtant Mud en la décrivant), Sam Shepard dans le rôle d'un dur au grand coeur ou encore Michael Shannon dans le (petit) rôle du tonton cool. 

 

Mud - Sur les rives du Mississippi : Photo Matthew McConaughey

Publié le 10 Mai 2013

réalisé par Abdellatif Kechiche

avec Osman Elkharraz, Sara Forestier, Sabrina Ouazani, Nanou Benahmou, Aurélie Ganito, Carole Franck...

Comédie dramatique française. 2h. 2003.

sortie française : 7 janvier 2004

 

L'esquive

 

Abdelkrim, dit Krimo, quinze ans, vit dans une cité HLM de la banlieue parisienne. Il partage avec sa mère, employée dans un supermarché, et son père, en prison, un grand rêve fragile : partir sur un voilier au bout du monde.
En attendant, il traîne son ennui dans un quotidien banal de cité, en compagnie de son meilleur ami, Eric, et de leur bande de copains. C'est le printemps et Krimo tombe sous le charme de sa copine de classe Lydia, une pipelette vive et malicieuse...

 

L'esquive : photo Abdellatif Kechiche, Osman Elkharraz

 

Du peu que j'ai vu, j'apprécie plutôt les films de Kechiche : en effet, j'avais adoré "La Graine et le Mulet" et bien aimé "Vénus Noire", mais j'avoue être un peu plus mitigée sur "L'Esquive", qui avait remporté 4 Césars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur espoir féminin pour Sara Forestier. Le long-métrage fait un parallèle intéressant entre la vie dans une cité et l'oeuvre de Marivaux, "Le Jeu de l'Amour et du Hasard". Cette pièce est d'ailleurs jouée par les ados du film. Kechiche montre que cette pièce est intemporelle. En effet, dans la pièce, meme si les personnages changent de costume pour se faire passer pour des gens qu'ils ne sont pas, leurs classes sociales leur collent à la peau. Malgré les déguisements, ils finissent par retrouver un partenaire qui appartient à la même classe sociale. De plus, cette pièce montrait bien les différents tourments causés par l'amour. C'est un peu ce qui se passe dans la vie de Krimo, Lydia et leurs amis. Krimo ne sait pas comment avouer son amour à Lydia : tout le long du film, ils vont littéralement jouer avec l'amour. Quant à leur situation sociale, on a l'impression qu'ils ne s'en sortiront jamais, même si le théâtre, pour certains, fait naître une source d'espoir pour l'avenir. L'autre point fort du film est son intérêt pour le langage. En effet, c'est une des seules choses qui différencie réellement l'oeuvre de Marivaux et la vie de ces jeunes. La pièce est vue comme ringarde, du "Moyen Age" à cause d'un langage un peu ancien et de tournures de phrase plus habituelles de nos jours. A part ceux qui s'investissent vraiment dans la pièce, on s'aperçoit que les autres ont du mal avec Marivaux car ils ne comprennent pas forcément ce langage alors que cette pièce est faite pour eux. Elle est clairement en opposition avec le langage des cités, c'est-à-dire utilisation du verlan, d'expressions parfois étranges voire même des insultes. Ce langage permet de nous plonger plus facilement dans l'environnement présenté, pour que ce soit plus réaliste, même si j'ai regretté parfois une surdose de ce langage, un poil caricatural par moments. 
 

L'esquive : photo Abdellatif Kechiche, Carole Franck, Sara Forestier


Kechiche a voulu éviter les clichés sur les cités. En effet, même s'ils s'insultent parfois entre eux pour pas grand chose, généralement, les gamins ne sont pas des voyous comme on peut le voir dans beaucoup de films. Ils font partie d'une cité, mais ils restent des ados comme les autres, avec leurs embrouilles de gamins. Le problème, c'est que leurs embrouilles, qui arrivent parce que pour eux, ils sont dans des situations compliquées (amourette), sont assez futiles pour le spectateur. La plupart des scènes sont très longues, les engueulades ("oh bouffon !" "quoi, tu m'as traité de pute?") s'éternisent... et le film n'avance pas vraiment. Kechiche étire son film pour un sujet assez banal si on enlève tout le parallèle avec Marivaux : du coup, le film manque de rythme et on finit par s'ennuyer. Kechiche tombe également dans une logique manichéenne : on le voit principalement dans l'une des dernières scènes du film, c'est-à-dire celle avec les flics. La scène parait évidemment choquante et je suis sûre que ce type de scènes doit hélas se dérouler dans la réalité mais les flics sont forcément très très méchants, ils tabassent les jeunes pour rien et surtout, ils rejettent symboliquement la culture, ou du moins, pensent que les jeunes ne s'y intéressent pas : le livre de Marivaux parait pour les flics suspect. La mise en scène ne m'a paru très intéressante malgré un sujet profond. J'ai également aimé tous les acteurs, très naturels et spontanés, sauf Osman Elkharraz dans le rôle de Krimo. L'acteur ne joue pas forcément mal, c'est plutôt son rôle qui le handicape : en effet, le jeune homme est un peu monoexpressif.

 

L'esquive : photo Abdellatif Kechiche, Sara Forestier

Publié le 1 Mai 2013

Cinéma

 

- Pieta (Kim Ki-Duk, 2013) 3/4

- The place beyond the pines (Derek Cianfrance, 2013) 4/4

- The proposition (John Hillcoat, 2005) 3/4

- Conviction (Tony Goldwyn, 2010) 2/4

- Mystery (Lou Ye, 2013) 0/4

- Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2013) 3/4

- The Grandmaster (Wong Kar Wai, 2013) 3/4

- La Belle Endormie (Marco Bellocchio, 2013) 2/4

- Le Dernier Rempart (Kim Jee-Woon, 2013) 2/4

- Blue Valentine (Derek Cianfrance, 2013) 3/4

 

The Place Beyond the Pines Zero Dark Thirty Pieta

 

Télévision

 

- The Walking Dead (saison 3, 2012) 4/4

- Rome (saisons 1 et 2, 2005-2007) 4/4

 

The Walking Dead 

 

Lectures

 

- Germinal (Emile Zola, 1885) 2/4

Publié le 30 Avril 2013

réalisé par Kim Jee-Woon

avec Arnold Schwarzenegger, Johnny Knoxville, Forest Whitaker, Eduardo Noriega, Peter Stormare, Jaimie Alexander, Luis Guzman, Rodrigo Santoro, Zach Gilford, Genesis Rodriguez, Daniel Henney, Harry Dean Stanton...

titre original : The Last Stand

Film d'action américain. 1h47. 2013.

sortie française : 23 janvier 2013

 

Le Dernier rempart

 

Après une opération ratée qui l’a laissé rongé par les remords et les regrets, Ray Owens a quitté son poste à la brigade des stupéfiants de Los Angeles. Il est désormais le shérif de la paisible petite ville de Sommerton Junction, tout près de la frontière mexicaine. Mais sa tranquillité vole en éclats lorsque Gabriel Cortez, le baron de la drogue le plus recherché du monde, réussit une évasion spectaculaire d’un convoi du FBI, semant les cadavres derrière lui… Avec l’aide d’une bande de truands et de mercenaires dirigés par le glacial Burrell, Cortez s’enfuit vers la frontière à 400 km/h dans une Corvette ZR1 spéciale, et il a un otage… Il doit passer par Sommerton Junction, où est massé le gros des forces de police américaines. C’est là que l’agent John Bannister aura une dernière chance de l’intercepter avant qu’il ne franchisse la frontière… D’abord réticent en se voyant impliqué dans cette affaire, écarté parce qu’il est considéré comme un petit shérif de province incapable, Ray Owens finit par rallier son équipe et par prendre l’affaire en main. Tout est prêt pour la confrontation…

 

Le Dernier rempart : photo Arnold Schwarzenegger

 

Kim Jee-Woon, le réalisateur coréen de « Deux Soeurs », « A Bittersweet Life », « Le Bon, la Brute et le Cinglé » ou encore « J'ai rencontré le diable », fait ici ses premiers pas aux Etats-Unis. « Le Dernier Rempart » est en dessous de ses autres films, pourtant, même si c'est loin d'être le film de l'année car il est assez oubliable, ce premier long-métrage reste quand même réussi dans son genre, même s'il a tout de même ses défauts : le film en lui-même semble un peu vieilli. Puis, on trouve certains choix scénaristiques pas toujours compréhensibles : par exemple, la fille flic est en position de sniper alors qu'elle est totalement inutile lors de la grosse fusillade ou encore, le FBI passe vraiment pour une bande de guignols. Il y a pas de mal de clichés, notamment sur le statut du -bon- flic américain, incarné par Arnold Schwarzenegger (il s'en fout du fric, lui, il est droit, il veut botter le cul aux méchants parce qu'ils sont méchants) ou encore sur les petits patelins (les flics ne foutent rien de la journée, en fait, personne ne fait rien dans ce coin). Mais Kim Jee-Woon joue avec ces clichés. Ce qui n'aurait pu être un simple nanar devient ici un sympathique film sans prétention et divertissant, dans lequel les personnages flinguent à tout bout de champ. On sait que les gentils vont gagner, et que les méchants vont perdre. Justice ! Evidemment, il n'y a aucun suspense mais pourtant on a envie de regarder jusqu'au bout : justement, comment le gentil mais un peu brutal flic va botter le cul aux méchants ? La scène sur le pont est d'ailleurs assez réussie. Le scénario n'est pas forcément extraordinaire, comme je l'ai dit, il a ses défauts et n'est pas hyper creusé, mais il tient quand même suffisamment debout pour convaincre et surtout pour créer un long-métrage. Même si le déroulement se met un peu lentement en place, il n'y a pas non plus de moments d'ennuis. Quant à la mise en scène, même si j'ai vu ce réalisateur bien plus inspiré dans ses autres films, elle reste tout de même efficace dans son genre. 

 

Le Dernier rempart : photo Johnny Knoxville

 

L'ex-gouverneur Schwarzy est certainement aussi le bon point de ce film. Il va parfaitement en shérif typiquement américain (à force, on oublierait presque qu'il est autrichien) qui a bon fond mais qui aime bien péter la gueule parce que bon. J'ai également beaucoup apprécié Johnny Knoxville, l'ex-Jackass, qui joue un flic un peu dingue – ce qui n'est pas vraiment surprenant. Je ne sais pas d'ailleurs si c'est à cause de son look, mais son personnage m'a parfois rappelé celui du Cinglé (interprété par Song Kang-Hoo) dans « Le Bon, la Brute et le Cinglé ». J'ai également bien aimé Luis Guzman et même Eduardo Noriega et Peter Stormare dans les rôles des méchants (leurs personnages sont assez caricaturaux pourtant on y croit, ça fonctionne quand même). J'ai été un peu moins convaincue par Forest Whitaker même si son rôle n'aide pas vraiment non plus (il a beau être au FBI, il est un peu à côté de la plaque) tout comme les deux actrices principales (la gentille Jaimie Alexandre, la méchante Genesis Rodriguez) qui se ressemblent en plus physiquement. 

 

Le Dernier rempart : Photo Arnold Schwarzenegger, Jaimie Alexander, Rodrigo Santoro

Rédigé par tinalakiller

Publié le 29 Avril 2013

réalisé par Marco Bellocchio

avec Toni Servillo, Isabelle Huppert, Alba Rohrwacher, Michele Riondino, Maya Sansa, Piergiorgio Bellocchio jr...

titre original : La Bella Addormentata

Drame italien, français. 1h50. 2012.

sortie française : 10 avril 2013

 

La Belle endormie

 

Le 23 novembre 2008, l'Italie se déchire autour du sort d'Eluana Englaro, une jeune femme plongée dans le coma depuis 17 ans. La justice italienne vient d'autoriser Beppino Englaro, son père, à interrompre l'alimentation artificielle maintenant sa fille en vie. Dans ce tourbillon politique et médiatique les sensibilités s'enflamment, les croyances et les idéologies s'affrontent. Maria, une militante du Mouvement pour la Vie, manifeste devant la clinique dans laquelle est hospitalisée Eluana, alors qu'à Rome, son père sénateur hésite à voter le projet de loi s'opposant à cette décision de justice. Ailleurs, une célèbre actrice croit inlassablement au réveil de sa fille, plongée elle aussi depuis des années dans un coma irréversible. Enfin, Rossa veut mettre fin à ses jours mais un jeune médecin plein d'espoir va s'y opposer de toutes ses forces.

 

La Belle endormie : photo Maya Sansa, Piergiorgio Bellocchio jr

 

Pour construire "La Belle Endormie", Marco Bellocchio est parti d'un événement qui a secoué l'Italie : Beppino Englaro a obtenu l'autorisation de débrancher le système d'alimentation qui maintient en vie sa fille Eluana, plongée dans un coma végétatif depuis 17 ans. Mais le réalisateur de "Vincere" ne va pas directement parler de l'événement. Evidemment que le débat sur cette mort assistée est omniprésente, mais "La Belle Endormie" est plutôt un film choral, c'est-à-dire qu'on va voir des personnages qui tournent et évoluent autour de ce sujet, sans forcément être directement impliqués dans la vie des Englaro. En fait, on peut même dire que l'histoire d'Eluana va servir de fil conducteur entre différentes histoires et différents personnages. Mais malheureusement, comme dans beaucoup de films où se mêlent et se croisent des personnages, le propos se perd un peu dans cette réalisation un peu trop longue et les personnages passent un peu trop vite. On ne sait pas vraiment pourquoi ils agissent ainsi, ce qu'ils pensent vraiment, on a du mal à avoir de la sympathie ou à les comprendre. Les personnages se trouvent dans des situations dramatiques, profondément difficiles, pourtant l'émotion n'est pas vraiment au rendez-vous. Du coup, on a un petit goût d'inachevé. Mais surtout, en multipliant les personnages, Bellocchio veut montrer les différents points de vue. C'est encore une fois intéressant, mais j'ai eu le sentiment que le réalisateur ne voulait pas trop se mouiller alors qu'au bout d'un moment, je n'ai pas vraiment eu l'impression qu'il était neutre sur ce sujet. Ce qui est paradoxal, c'est que j'ai eu l'impression d'avoir par moments l'avis du réalisateur sur l'euthanasie, mais en s'éparpillant, et en faisant parfois du coup un film brouillon, Bellocchio dit à la fois tout et pas assez, au final, qu'a voulu-t-il nous dire s'il ne veut pas totalement défendre son point de vue alors que ce dernier m'a pourtant paru présent ? 

 

La Belle endormie : photo Isabelle Huppert

 

Il y a aussi des éléments dans l'histoire qui me paraissent un peu naïfs, même si ce n'est pas totalement inintéressant : je pense par exemple à l'histoire du médecin qui veut absolument que la jeune Rossa reste en vie alors qu'elle ne souhaite qu'en finir avec la vie. Sur le papier, l'histoire est intéressante car elle est en opposition avec l'histoire d'Eluana (et les autres qui sont similaires) car on imagine bien que cette jeune fille, ainsi que la femme du sénateur et la fille de la grande actrice, voulaient rester en vie avant d'être plongés dans un terrible coma. En terminant le long-métrage sur Rossa qui accepte finalement de vivre, Bellocchio essaie de donner une vision optimiste. J'ai pas mal donné d'éléments négatifs, on a l'impression que je n'ai aimé "La Belle Endormie", mais pourtant, ce n'est pas le cas : j'ai quand même apprécié le film dans son ensemble. Même s'il n'est pas toujours bien traité, le sujet en lui-même reste suffisamment intéressant car justement, cette histoire n'est pas seulement celle d'Eluana mais aussi celle de nombreuses familles. Que faire quand un membre de sa famille est plongé dans un coma si violent ? Faut-il abréger ses souffrances ou garder de l'espoir ? Bellocchio arrive quand même à mêler dans son récit histoires personnelles, affaires politiques et affaires religieuses. Même si le sujet est traité maladroitement, la mise en scène est quand même convaincante. Pour finir, tous les acteurs s'en sortent très bien. 

 

La Belle endormie : photo Toni Servillo

Rédigé par tinalakiller

Publié le 25 Avril 2013

réalisé par Kathryn Bigelow

avec Jessica Chastain, Jason Clarke, Jennifer Ehle, Kyle Chandler, Mark Strong, Edgar Ramirez, Joel Edgerton, Nash Edgerton, James Gandolfini, Harold Perrineau, Taylor Kinney, Simon Abkarian...

Drame, thriller américain. 2h30. 2012.

sortie française : 23 janvier 2013

 

Zero Dark Thirty

 

Le récit de la traque d'Oussama Ben Laden par une unité des forces spéciales américaines...

 

Zero Dark Thirty : photo Jessica Chastain

 

 

J'avais très peur de découvrir ce nouveau film de Kathryn Bigelow car je n'avais pas aimé son précédent, "Démineurs" (Oscar du meilleur film et de la meilleure réalisatrice), mais aussi parce que la traque et la mort de Ben Laden est un sujet délicat bien trop ancré dans nos esprits. Mais le film m'a plutôt surprise. En effet, malgré sa longue durée (2h30) et malgré du coup une fin qu'on connait, le long-métrage est captivant : nous sommes totalement plongés dans cette chasse à l'homme, pratiquement comme dans un documentaire. A chaque minute, le danger semble être toujours présent, presque étouffant. Nous sommes presque dans une course contre la montre : cet effet est d'ailleurs appuyé par les dates qui s'affichent. La première demi-heure du film est difficile à regarder avec toutes ces scènes de torture, mais ces scènes nous permettent de nous plonger dans cette réalité. Nous ne sommes pas dans un film propre et hollywoodien, et cela permet au film d'avoir une nuance dans le propos. Grâce à ces nuances, Bigelow reste plutôt neutre sur son sujet : elle laisse vraiment le spectateur face à ce qu'il a vu et face à ses réflexions. Elle évite de signer un film manichéen et ne tombe pas dans certains pièges. J'ai également beaucoup aimé la dernière partie du film, où on revit minute par minute ce qui s'est passé. On sent vraiment l'adrénaline monter !

 

Zero Dark Thirty : photo Jessica Chastain, Kyle Chandler

 

Jessica Chastain, lauréate du Golden Globe de la meilleure actrice dans un drame et nommée aux Oscars, est excellente dans le rôle de Maya. Son personnage est intéressant car il est complexe : Maya représente à la fois la femme forte et combattive, et aussi une femme qui reste fragilisée par les événements. J'ai eu pendant la vision de ce film de l'admiration pour elle car on a vraiment l'impression finalement qu'elle est seule dans cette traque, et qu'elle n'a finalement que ça dans sa vie. D'ailleurs, la fin du film est intéressante : même si Maya a mené à terme son projet avec l'aide de ses hommes, nous savons bien que la mort de Ben Laden ne va pas résoudre tous les problèmes sur le sol américain, mais surtout on se demande bien ce que va devenir Maya, elle qui s'est tant investie depuis pratiquement dix ans. Cependant, encore une fois, nous trouvons une nuance intéressante : justement, cette chasse à l'homme est la seule chose qui parait présente dans la vie de la jeune femme. Même si Maya veut évidemment servir son pays, j'ai parfois eu l'impression qu'elle faisait de cette affaire une histoire personnelle. A travers ce fort tempérament et sa détermination, Maya semble être touchée par une sorte de folie, même si elle reste assez contrôlée vu le contexte. La seule chose que je regrette peut-être dans le film, même si j'ai beaucoup aimé Jessica Chastain dans son rôle, je trouve qu'elle éclipse bien trop les autres personnages. C'est peut-être un parti pris, mais les autres personnages qui passent semblent être insipides du coup. Seuls Jason Clarke et Jennifer Ehle semblent être identifiables. 

 

Zero Dark Thirty : photo Mark Strong

Publié le 23 Avril 2013

réalisé par Lou Ye

avec Hao Lei, Qin Hao, Qi Xi...

titre original : Fú chéng mí shì

Thriller chinois, français. 1h38. 2012.

sortie française : 20 mars 2013

 

 

Mystery

 

 

Lu Jie est loin d'imaginer que son mari Yongzhao mène une double vie, jusqu'au jour ou elle le voit entrer dans un hôtel avec une jeune femme.
La vie de Lu Jie s'effondre alors, et ce n’est que le début...
La jeune femme meurt renversée par une voiture peu de temps après. Le policier en charge de l'affaire refuse de croire à un accident...

 

Mystery : photo

 

Ce nouveau film de Lou Ye porte mal son nom : il n'y a rien de vraiment mystérieux, même si le film se présente comme un thriller. Le titre est plutôt mal choisi. Je suggère pour ma part "L'homme à la zigounette en or" ou "Boring". En effet, le mystère de l'intrigue est caché derrière une réalisation lourde, très lente et très longue (non, en fait, le film n'est pas si long que ça, mais il a l'air long !). Il y a une vague histoire de meurtre, mais on retient surtout les adultères de monsieur qui est apparemment un tombeur alors que l'acteur manque un peu de charisme. Quand il y a un semblant de suspense, de meurtres ou d'intrigue policière, Lou Ye filme ses scènes de manière indigeste : par exemple, la scène filmée sous la pluie, avec un ralenti lourdingue, accompagné d'une musique pathétique ! Puis, j'ai trouvé l'ensemble assez crasseux : la photographie est vraiment laide, certaines scènes, pas toujours bien filmées (la caméra à l'épaule m'a parfois donné la nausée), s'enchaînent très mal également. Pourtant, les intentions du réalisateur sont bonnes : une envie de dénoncer la bourgeoisie chinoise, leur hypocrisie et ses secrets et mensonges, une envie de montrer ces villes laides et étouffantes également. Mais malgré ces intentions, pour ma part, j'ai rapidement délaissé l'intrigue : en effet, les personnages sont trop inintéressants, les acteurs assez moyens, et l'écriture du scénario trop brouillonne. 

 

Mystery : photo

 

Publié le 19 Avril 2013

réalisé par Derek Cianfrance

avec Ryan Gosling, Bradley Cooper, Eva Mendes, Ray Liotta, Dane DeHaan, Rose Byrne, Emory Cohen, Ben Mendelsohn, Bruce Greenwood, Mahershalalhashbaz Ali...

Drame américain. 2h20. 2013.

sortie française : 20 mars 2013

 

The Place Beyond the Pines

 

Cascadeur à moto, Luke est réputé pour son spectaculaire numéro du «globe de la mort». Quand son spectacle itinérant revient à Schenectady, dans l’État de New York, il découvre que Romina, avec qui il avait eu une aventure, vient de donner naissance à son fils… Pour subvenir aux besoins de ceux qui sont désormais sa famille, Luke quitte le spectacle et commet une série de braquages. Chaque fois, ses talents de pilote hors pair lui permettent de s’échapper. Mais Luke va bientôt croiser la route d’un policier ambitieux, Avery Cross, décidé à s’élever rapidement dans sa hiérarchie gangrenée par la corruption. Quinze ans plus tard, le fils de Luke et celui d’Avery se retrouvent face à face, hantés par un passé mystérieux dont ils sont loin de tout savoir…

 

The Place Beyond the Pines : photo Ryan Gosling

 

Attention, je préfère vous avertir : je vais dévoiler au cours de cette critique des éléments importants du scénario. Alors, ne lisez pas si vous n'avez pas vu le film et si vous ne tenez pas à connaitre ces fameux éléments. 

 

 

Après "Blue Valentine", le réalisateur Derek Cianfrance retrouve Ryan Gosling dans une fresque familiale, à Schenectady (qui signifie en indien "the place beyond the pines", c'est-à-dire "l'endroit au-delà des pins"), un lieu assez enfermé sur lui-même, comme si les personnages ne pouvaient pas sortir de cet enfer humain. Luke a beau vivre en dehors de la société, il ne parait pas vraiment libre. On a presque l'impression que la moto, la grande passion de Luke, est comme un moyen de gagner cette liberté. Le long-métrage est constitué de trois parties : la première concerne Luke, la deuxième se concentre sur Avery, enfin la troisième partie se déroule pratiquement 15 ans plus tard : on voit donc les enfants de Luke et d'Avery. Je note que le passage de la première à la deuxième est particulièrement réussi car il est intense et arrive à être à la fois brutal et fluide. 

 

The Place Beyond the Pines : photo Eva Mendes, Ryan Gosling

 

Si le film est aussi réussi, c'est grâce à Luke, personnage brillamment incarné par Ryan Gosling. Le personnage est loin d'être un enfant de choeur et pourtant il reste très attachant. Même si on n'excuse pas ses actes (il braque des banques), on arrive à comprendre ses motivations. Même si on sent qu'il reste attaché à Romina (incarnée par Eva Mendes - très bien dans ce rôle sobre), le plus important pour lui est son fils. Il veut repartir à zéro et de ne pas reproduire le schéma familial auquel il a appartenu : Luke est un marginal mais pourtant il veut offrir un avenir à son fils. Il le fait justement pour que son fils puisse avoir cette liberté que Luke n'a pas vraiment (en tout cas, elle semble superficielle - elle ne semble finalement que passer par sa moto et plus tard par les braquages). Mais surtout, ce qui est réussi, c'est que même si le personnage disparait assez rapidement, il plane tout le long du film. Malgré son absence, Luke semble être très présent tout le long de l'histoire car cette absence influence la vie des autres personnages. 

 

The Place Beyond the Pines : photo Bradley Cooper

 

"The place beyond the pines" montre donc que le destin d'un homme peut être lié à celui d'un autre, qu'il y a des impacts et des conséquences à ne pas négliger, même des années après. Même si les personnages avancent dans le temps, ils ne peuvent pas changer et oublier le passé, même s'ils le désirent. De plus, ce passé refait surface grâce aux liens du sang : à travers ce thème, le réalisateur donne une dimension pratiquement mythologique à son récit et cela permet de donner encore plus de puissance au propos et à la réalisation. L'autre personnage important de l'histoire est Avery. Bradley Cooper, décidément, semble s'améliorer de film en film : il est très convaincant car il arrive à montrer le changement de Avery entre la deuxième partie et la troisième partie, et donc toute l'ambiguité et la complexité de ce personnage. 

 

The Place Beyond the Pines : photo

 

Mise en scène maitrisée, scénario très bien écrit et construit, acteurs absolument géniaux, bande-originale excellente... Le film, bien rythmé malgré sa longue durée, possède de nombreuses qualités afin de créer un ensemble absolument fantastique. Certaines scènes sont particulièrement réussies, je pense par exemple aux scènes de moto, dans lesquelles on ressent vraiment les sensations physiques (sérieusement, mon coeur battait hyper fort, comme si j'y étais !), mais il y a également des scènes vraiment émouvantes. En fait, cette émotion est pour moi présente du début à la fin, mais surtout, au fil des scènes, elle devient de plus en plus intense. Je suis ressortie de la séance complètement bouleversée ! 

 

The Place Beyond the Pines : photo Eva Mendes

Publié le 19 Avril 2013

Rédigé par tinalakiller

Publié dans #INDEX

Publié le 13 Avril 2013

réalisé par Kim Ki-Duk

avec Lee Jung-jin, Jo Min-soo, Woo Ki-hong...

Drame sud-coréen. 1h45. 2012.

sortie française : 10 avril 2013

interdit aux moins de 12 ans

 

 

Pieta

 

Abandonné à sa naissance, Kang-do est un homme seul qui n’a ni famille, ni ami. Recouvreur de dettes sans pitié et sans compassion, il menace ou mutile les personnes endettées dans un quartier destiné à être rasé. Un jour, Kang-do reçoit la visite d’une femme qu’il ne connaît pas et qui lui dit être sa mère. Pour la première fois de sa vie, le doute s’installe en lui…

 

Pieta : photo Lee Jung-Jin

 

Récompensé du lion d'or au festival de Venise présidé par Michael Mann, le nouveau film du génial mais parfois étrange réalisateur Kim Ki-Duk, "Pieta" ne déçoit pas. Pour apprécier globalement le long-métrage, il faut vraiment le regarder en entier. Je sais que cette réflexion peut sembler stupide au premier abord, mais il ne faut pas en tout cas se crisper et se bloquer dès les premières minutes du film qui peuvent étonner, voire même nous déranger. Je dois avouer qu'au début j'étais assez sceptique. Je trouvais que le réalisateur enchainait les situations complètement malsaines entre les deux personnages principaux. Il y a même un moment où je me suis dit que le film avait atteint le sommet dans le dégoût. On comprendra mieux les intentions du réalisateurn et donc toutes ces scènes dérangeantes et surtout d'où vient le titre même du long-métrage. En effet, au début, on peut être assez déboussolé car Kim Ki-Duk signe d'habitude des films assez propres, avec des scènes remplies d'éléments symboliques forts, parfois même un peu trop appuyés dans certains de ses films (dans "L'Arc" pour moi, où je n'ai vraiment pas adhéré, même si je suis totalement d'accord sur le fait que le sens derrière est profond). Là, les images sont vraiment laides pour mieux montrer la misère d'ouvriers endettés, et surtout mutilés par le violent et exécrable Kang-do, un recouvreur de dettes. Mais surtout, ce qui surprend, mais qui permet en même temps de donner du dynamisme au film, c'est que "Pieta" ressemble beaucoup dans la deuxième partie du long-métrage à cette nouvelle vague de thrillers coréens. Cela surprend car je n'ai jamais vu de film de Kim Ki-Duk dans cette veine (la violence restait surtout dans la psychologie des personnages), mais le réalisateur de "Locataires" réussit dans ce nouveau domaine.

 

Pieta : photo Min-soo Jo

 

Le scénario est donc assez réussi même s'il a ses défauts (je vais vous les exposer un peu plus bas) car il est riche de rebondissements, mais aussi arrive à valoriser la psychologie de Mi-sun, une femme qui serait la mère de Kang-do. Il faut aussi dire que son actrice, Jo Min-soo, est vraiment excellente. Elle arrive à être très classe, mais aussi forte et fragile, douce et violente. Par contre, là où je suis un peu plus réservée, et c'est en partie pour cette raison que je n'arrive pas à mettre la note maximale à ce film, c'est sur le personnage de Kang-do. Je ne pense pas que le problème vienne de l'acteur Lee Jung-jin. Le mystère est parfois une bonne chose dans les films et dans la composition des personnages, mais j'ai eu du mal à comprendre pourquoi Lee Jung-jin était aussi violent. Evidemment que le scénario murmure que sa violence est sûrement liée au manque d'une mère, mais au bout d'un moment, je me suis sentie vraiment frustrée et même dans un moment d'incompréhension. Ce qui m'a également dérangé, et c'est vraiment dommage car sans ce problème (évidemment selon mon point de vue), le film aurait pu vraiment être un pur chef-d'oeuvre. Encore une fois, le réalisateur veut créer une sorte de mystère et d'ambiguité autour des personnages. Mais même si la relation entre les deux protagonistes est intéressante car l'évolution de Kang-do est touchante (ce dernier se met à regresser et à comprendre aussi ce qu'il a fait subir aux ouvriers), on ne comprend quand même pas d'où sort Mi-sun. Peut-être que le fait qu'elle sorte presque de nulle part a une dimension religieuse, presque comme un ange qui apparait et disparait en si peu de temps, encore une fois, j'ai eu ce sentiment de frustration car j'étais en manque de réponse.

 

Pieta : photo

Publié le 13 Avril 2013

réalisé par Pablo Larrain

avec Gael Garcia Bernal, Antonia Zegers, Alfredo Castro...

Film historique chilien, américain. 1h57. 2012.

sortie française : 6 mars 2013

 

No

 

Chili, 1988. Lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale, consent à organiser un référendum sur sa présidence, les dirigeants de l’opposition persuadent un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, de concevoir leur campagne. Avec peu de moyens, mais des méthodes innovantes, Saavedra et son équipe construisent un plan audacieux pour libérer le pays de l’oppression, malgré la surveillance constante des hommes de Pinochet.

 

No : photo Gael García Bernal

 

Nominé cette année aux Oscars dans la catégorie "Meilleur film étranger", le film "No" est pour moi la bonne surprise du début de l'année 2013. Pablo Larrain prend ici un sujet historique assez important : la chute d'Augusto Pinochet à travers un référendum. Pour être plus précis, le réalisateur nous montre plutôt la campagne qui a pour but d'inciter les gens à voter "non" et ainsi à faire partir le dictateur. Ainsi, à travers le personnage de René, brillamment interprété par Gael Garcia Bernal, on comprend mieux le procédé de cette campagne : prendre les mêmes techniques et enjeux d'une publicité, mais surtout, malgré ce "no !", montrer avec de la joie et de la bonne humeur un nouveau départ pour le Chili si Pinochet quitte le pouvoir. Larrain nous montre notamment le tournage de cette publicité qui pouvait apparaitre totalement absurde et risquée, et qui a été mal reçue par les familles des victimes de Pinochet. Grâce à la photographie et à l'utilisation de caméras datant des années 1980, des images d'archive se mélangent habilement avec le long-métrage. Beaucoup n'ont pas aimé ce risque visuel, ce que je peux comprendre, mais pour ma part, je trouve ce choix intéressant car je trouve qu'on arrive totalement à se plonger dans l'époque. De plus, le contraste entre ces images vieillottes et la modernité des publicités présentées au début du film (notamment un micro-ondes) ainsi que le bouleversement même de cet événement dans l'Histoire permet de donner encore plus de force au propos : ainsi, même si les moyens semblent être effacés, le message du film est positif. On peut changer l'Histoire. Mais ce qui est encore plus émouvant, ce sont les dernières images de René avec son fils, qui ne semble pas réaliser ce qu'il a fait : être un moteur de l'Histoire de son pays.

 

No : photo

 

A l'image de cette publicité sur la joie, "No" nous rend joyeux car il est frais mais surtout les différents thèmes passent merveilleusement bien. Malgré son aspect léger, le film n'oublie pas de montrer la force de la démocratie, notamment à travers le droit de vote. Le film devient du coup universel : le vote ne concerne pas qu'une époque et que le Chili. Tout le monde a le droit de s'exprimer et de pouvoir choisir et changer le destin d'un pays. Mais le film est également réussi car même s'il prend clairement la défense du non (rien que le titre du film montre la position du film), il n'oublie pas de montrer également les coulisses du "oui" : comment réagir face à une bande de rigolos à première vue qui peut être capable de faire changer l'histoire ? Comment réussir sa campagne ? Comment reprendre les procédés de l'adversaire et les mettre à son avantage ? Comment, comme pour le "non", savoir séduire le public, et continuer à faire sa propagande et à faire peur aux opposants politiques ? Bref, au bout d'un moment, on se met vraiment dans la peau d'un chilien de l'époque qui doit aller voter. Enfin, ce qui est formidable avec ce film, comme tout bon film qui prend un point historique ou une histoire déjà connue de tous, c'est qu'il arrive quand même à créer du suspense jusqu'au bout.

 

No : photo

 

Publié le 12 Avril 2013

réalisé par Paul Thomas Anderson

avec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams, Laura Dern, Rami Malek, Jesse Plemons...

Drame américain. 2h17. 2012.

sortie française : 9 janvier 2013

 

The Master

 

Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe...

 

The Master : photo Joaquin Phoenix

 

Je n'ai pas vu tous les films de Paul Thomas Anderson. En tout cas,"Magnolia" et "There will be blood" sont dans ma liste de mes films préférés. Mais que s'est-il donc passé avec ce nouveau long-métrage, "The Master" ? Ce film m'a franchement mitigée. Pourtant, ses trois nominations aux Oscars (pour les prestations des acteurs), ainsi que ses deux prix au festival de Venise (prix d'interprétation masculine pour Joaquin Phoenix et Philip Seymour Hoffman et prix de la mise en scène) sont justifiés. En effet, la mise en scène est toujours aussi maitrisée, et le duo d'acteurs est magistral. Joaquin Phoenix fait un magnifique retour devant les caméras dans ce rôle de paumé alcoolique obsédé sexuel et Philip Seymour Hoffman est très convaincant dans le rôle de ce gourou à la fois charismatique et un poil barré. N'oublions pas non plus de souligner la très bonne performance d'Amy Adams, qui m'a beaucoup plu dans ce rôle froid.

 

The Master : photo Amy Adams, Philip Seymour Hoffman

Certaines scènes sont également très réussies car elles sont marquantes. J'ai également apprécié la photographie et la lumière car elles rendent au film un aspect à la fois froid et doux, cela permet de créer une atmosphère assez particulière. J'aime également toujours la musique de Jonny Greenwood, le guitariste de Radiohead. Sa musique peut irriter certaines personnes, mais pour ma part, elle me fascine toujours autant. Je n'ai pas l'air toujours objective quand je parle de la musique de Greenwood, car je suis une grande fan de Radiohead (je ne m'en suis jamais cachée sur ce blog !) mais je dois préciser que c'est grâce à la bande-originale de "There will be blood", que j'ai réellement eu envie de découvrir Radiohead. J'arrive donc à garder un certain recul, car à la base je n'avais pas forcément cette oreille de fan.

 

The Master : photo Amy Adams, Jesse Plemons

 

Mais pour un Paul Thomas Anderson, le film m'a semblé assez long. Etonnant comme constat : "Magnolia" et "There will be blood" durent respectivement 3h et 2h40, et pourtant je trouve que ces films passent à vitesse grand V ! Et puis, je ne comprends pas tellement où va le film, mais surtout ce qu'a voulu réellement faire le réalisateur. Il a pourtant un sujet en or et des thèmes intéressants, c'est-à-dire une secte fortement inspirée de la scientologie, la relation ambigue, voire presque homosexuelle entre le maître et son élève, le contexte de la guerre... Il y a de bons éléments mais j'ai l'impression qu'il ne savait pas quoi en faire, ou du moins comment les lier habilement les uns aux autres. J'ai eu également beaucoup de mal à entrer de suite dans le film : on est loin des dix premières minutes silencieuses mais passionnantes de "There will be blood" ou de la petite histoire qui introduit "Magnolia". Bref, le film n'est pas entièrement mauvais car il a pas mal d'ambitions mais, selon moi, l'ensemble ne fonctionne pas vraiment.

 

The Master : photo Joaquin Phoenix

 

Publié le 1 Avril 2013

Cinéma

 

- Zaytoun (Eran Riklis, 2013) 3/4

- Gangster Squad (Ruben Fleischer, 2013) 1/4

- Blancanieves (Pablo Berger, 2013) 4/4

- St. Trinian's : pensionnat pour jeunes filles rebelles (Oliver Parker, Barnaby Thompson) 0/4

- L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1997) 3/4

- Le bruit des glaçons (Bertrand Blier, 2009) 1/4

- No (Pablo Larrain, 2013) 4/4

- Live ! (Bill Guttentag, 2007) 1/4

- 30 jours de nuit (David Slade, 2007) 3/4

- The Master (Paul Thomas Anderson, 2013) 2/4

- Modern Love (Stéphane Kazandjian, 2007) 0/4

 

 BlancanievesNo Zaytoun

 

Lectures 

 

- L'insurgé (Jules Vallès, 1886) 2/4

- Devdas (Sarat Chandra Chatterjee, 1917) 2/4

Publié le 24 Mars 2013

réalisé par Bertrand Blier

avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro, Myriam Boyer, Audrey Dana, Emile Berling, Christa Théret...

Comédie dramatique française. 1h27. 2009.

sortie française : 25 août 2010

 

Le Bruit des glaçons

 

C'est l'histoire d'un homme qui reçoit la visite de son cancer. " Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance... "

 

Le Bruit des glaçons : photo Albert Dupontel, Bertrand Blier, Jean Dujardin

 

Blier réunit dans son film des choses que j'aime d'habitude : un sujet intense (le cancer) traité de manière étrange (un homme voit son cancer), de l'humour noir, un peu de théâtre de boulevard et aussi un peu de théâtre de l'absurde. Mais pourtant, je trouve que le film ne fonctionne pas vraiment car il se cherche à mon avis un peu trop : en effet, je ne l'ai trouvé ni drôle, ni émouvant, ni rien en fait. Il ne m'a suscité aucune émotion, aucune réellement réaction. La seule "émotion" que j'ai ressenti, c'est de l'ennui, sûrement causé par un manque de rythme. La mise en scène et certains choix scénaristiques ne mettent pas du tout en valeur le potentiel de l'histoire : en effet, par exemple, certains passages de l'histoire m'ont paru trop confus, la fin est assez décevante et les flashbacks sont très mal insérés. Anne Alvaro, qui a reçu le César de la meilleure actrice dans un second rôle, est plutôt convaincante dans le rôle de cette bonne un peu étrange, même parfois obscure et secrètement amoureuse de son patron. Albert Dupontel et Myriam Boyer surjouent un peu mais vu leur rôle (ils interprètent des cancers), ce type d'interprétation n'est pas choquant. Par contre, je suis un peu plus réservée sur la performance de Jean Dujardin. Il ne joue évidemment pas comme ses pieds mais je ne l'ai pas trouvé très à l'aise.

 

Le Bruit des glaçons : photo Albert Dupontel, Bertrand Blier, Jean Dujardin

Publié le 16 Mars 2013

réalisé par Pablo Berger

avec Maribel Verdu, Macarena Garcia, Sofia Oria, Daniel Gimenez Cacho, Angela Molina, Josep Maria Pou...

Drame espagnol. 1h45. 2012.

sortie française : 23 janvier 2013

 

Blancanieves

 

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de "Blancanieves". C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…

 

Blancanieves : photo Macarena García

 

Après le succès mondial de "The Artist", voici un autre film récent qui est en noir et blanc mais aussi muet, nommé "Blancanieves", lauréat de 10 Goyas : meilleur film, meilleure actrice (Maribel Verdu), meilleur espoir féminin (Macarena Garcia), meilleur scénario original, meilleure direction artistique, meilleurs costumes, meilleurs maquillages et costumes, meilleure photographie, meilleure chanson originale (No te puedo encontrar), meilleure musique originale (Alfonso de Villalonga). Après les deux versions américaines de Blanche-Neige sorties en 2012 (la première de Tarsem Singh avec Julia Roberts et Lily Collins; la deuxième de Rupert Sanders avec Kristen Stewart et Charlize Theron), le réalisateur de l'étonnant "Torremolinos 73", Pablo Berger, revisite le célèbre conte mais de manière plutôt originale : en effet, il insère cette histoire dans les années 1920 dans l'univers de la corrida.

 

Blancanieves : photo

 

Signer son film en noir et blanc et en muet est toujours un sacré défi. Techniquement, c'est évidemment très réussi : on a vraiment l'impression de voir un vieux film et on apprécie toujours de voir de nombreuses références cinématographiques. Il y a évidemment beaucoup de travail (photographie, lumière...) qui permet de nous plonger dans cette période cinématographique, mais cela permet aussi au long-métrage de dégager une certaine élégance. C'était également un sacré pari de revoir ce conte qu'on connait tous par coeur. Comment nous surprendre à nouveau ? Pablo Berger a compris qu'il ne s'agissait pas simplement de donner du style et d'être original par rapport aux autres films qu'on a actuellement l'habitude de voir. Il a réussi à donner énormément de force et d'émotion à son film. Les scènes entre la jeune "Blanche-Neige" et son père sont par exemple particulièrement touchantes. Il y a peu de "dialogues" mais pourtant on comprend toujours les enjeux de cette histoire. Et même si on connait les péripéties de l'histoire, Berger arrive à insérer dans son film une forme de suspense. Bref, malgré les difficiles exercices du muet, du noir et blanc et de la réécriture, le film m'a surprise et ne m'a pas ennuyé car j'ai trouvé l'ensemble rythmé.

 

Blancanieves : photo Maribel Verdú

 

Après avoir vu certaines critiques négatives, je précise également que même si la corrida est présente dans le film, il ne faut pas essayer de faire de débat pour ou contre. Je respecte évidemment les avis négatifs (on a le droit de ne pas aimer ce film évidemment !) et ceux qui sont contre la corrida, c'est mignon, c'est humain, je respecte totalement cette opinion, mais je ne pense pas que ce soit le but du film. La corrida est surtout un aspect typiquement espagnol qui permet à cette réécriture de Blanche-Neige de s'ancrer dans une dimension culturelle, presque nationale. De plus, ici la corrida, c'est aussi un moyen d'aborder des sujets comme l'héritage familial ou le danger : en effet, Blanche-Neige a raté certains moments avec son père mais elle essaie de rattraper enfant ce temps perdu. La corrida, c'est le métier de son père et c'est aussi grâce à cette activité qu'elle va se rapprocher de lui. Même s'il a du mal à bouger, le père arrive encore à vivre en lui transmettant sa passion. Lui transmettre cette passion, c'est en quelque sorte une belle preuve d'amour. De plus, on comprend bien que Carmen/Blanche-Neige a ça dans le sang et c'est grâce à son talent qu'elle va pouvoir en quelque sorte s'émanciper et échapper à sa belle-mère. Elle se met aussi en danger en affrontant cet énorme taureau, mais ne se méfiera pas d'une simple pomme qui est en réalité empoisonnée. Enfin, dans ce type de film, la musique est évidemment primordiale. Ici, le travail d'Alfonso de Villalonga est très réussi : il réussit à nous transmettre les "dialogues manquants" et de renforcer également l'émotion. Et même si elle est omniprésente, elle n'est pas envahissante, dans le sens où elle ne nous lasse à aucun moment.

 

Blancanieves : photo Ángela Molina, Sofía Oria

 

Les acteurs sont également tous excellents car sans prononcer de paroles, ils arrivent également à transmettre de l'émotion et tous ce que ressentent et font les personnages. Ils arrivent à être expressifs mais sans en faire des caisses. Maribul Verdu est géniale dans le rôle de la méchante belle-mère de Blanche-Neige. Ce qui est génial, c'est que même si le film ne parle pas directement de la vieillesse (elle ne dit pas toutes les deux minutes "ohhhh que je suis laiiiide, j'ai la peau qui pendouille", on n'est pas chez les américains), la présence de ce thème reste fort : le maquillage est discret mais pourtant, on voit bien la présence de rides au fur et à mesure qu'on avance dans le film, et Verdu ressemble par moments à une sorte de Lady Gaga/Anna Wintour/Victoria Beckham tout en restant classe et adapté aux années 1920, son look ne parait pas anachronique. J'ai également beaucoup aimé les deux actrices qui jouent Blanche-Neige : la première, la jeune Sofia Oria, est toute mignonne et très touchante; et la deuxième, la très fraiche Macarena Garcia, est une véritable révélation. Daniel Gimenez-Cacho est également très touchant dans le rôle du mari en deuil et du père qui essaie de se dévouer pour sa jeune fille même s'il est cloué dans son fauteuil roulant et qu'il a du mal à faire face à sa nouvelle femme. J'ai également apprécié la petite apparition d'Angela Molina et les nains toreros sont très attachants (notamment Josefa et le nain amoureux de Blanche-Neige).

 

Blancanieves : photo Macarena García

Publié le 16 Mars 2013

réalisé par Oliver Parker et Barnaby Thompson

      avec Rupert Everett, Colin Firth, Talulah Riley, Gemma Artenton, Russell Brand, Lily Cole, Mischa Barton, Stephen Fry, Toby Jones, Lena Headey, Jodie Whittaker, Amara Karan, Tamsin Egerton, Juno Temple, Celia Imrie, Caterina Munro, Lucy Punch...

titre original : St. Trinian's

Comédie britannique. 1h37. 2007. 

sortie française (dvd) : 9 mai 2012

 

St Trinian's - Pensionnat pour jeunes filles rebelles

 

St Trinian's, la fameuse école de "jeunes filles", doit faire face à la crise financière. La banque menace la directrice, Camilla Fritton, de fermeture. Sa doctrine peu orthodoxe de la liberté d'expression et d'émancipation est menacée par le nouveau ministre de l'éducation, Geoffrey Thwaites, déterminé à apporter l'ordre et la discipline à l'école anarchique. Les filles de St Trinian's sont prêtes à trouver de l'argent par tous les moyens possibles pour sauver leur école...

 

 

"St Trinian's : pensionnat pour jeunes filles rebelles" est à la fois une nouvelle version du film de Frank Launder, "The Belles of St. Trinian's" (1954) et une adaptation de la bande-dessinée de Ronald Searle. Le film britannique, réalisé par Oliver Parker ("Dorian Gray") et Barnaby Thompson (qui est plutôt un producteur de films), a remporté un véritable succès et une suite est même sortie (St. Trinian's II : The Legend of Fritton's Gold). Cependant, le résultat est sincèrement décevant, même navrant. Ils se sont mis à deux pourtant ils signent une vraie daube ! Le film, qui pointe du doigt trop maladroitement les grandes écoles britanniques, enchaine les personnages caricaturaux : les bimbos, les geeks, les gothiques, les intellos... Tout ça dans la même école ! Evidemment que le cliché rentre dans les critères de la comédie, mais trop de caricature tue la caricature ! Et puis, il n'y a pas que ces personnages, qui sont antipathiques car elles sont trop vulgaires et trop écervelées, qui posent problème.

 

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Le scénario en lui-même est trop invraisemblable. Des filles complètement idiotes réussissent à voler "La Jeune Fille à la Perle" de Vermeer, d'autres réussissent un quiz de culture générale car leur prof leur dit que c'est "cool d'être intelligente" (je n'exagère pas), enfin je me suis demandée d'où sortait toute cette technologie ! Et puis, ce scénario ne surprend pas. Les événements se déroulent comme ils sont prévus. A part le coup du fil suspendu qui risque de se briser (et ainsi faire foutre en l'air le vol du tableau) qui essaie un peu de relancer une sorte de suspense, il n'y a à aucun moment de tension, ou de nouvelles péripéties qui feraient retourner le scénario. Enfin, je trouve l'évolution de la jeune Annabelle trop rapide : cela ne me semble pas crédible qu'une fille passe du statut "fille coincée intello" à celui de "dévergondée de service". C'est dommage parce qu'au final, on finit par s'ennuyer. Mais pire, le film ne m'a pas du tout fait rire : seule une petite scène d'une minute m'a fait rire (la femme qui crie la réponse comme une hystérique devant sa télévision alors que sa réponse est fausse), ce qui fait trop peu. Les actrices surjouent, du coup j'ai eu du mal à croire en leurs personnages. Mais le pire vient pour moi des interprétations de Colin Firth et Rupert Everett. J'aime beaucoup ces deux acteurs, mais là ils se viandent royalement, ils sont pathétiques. Colin Firth fait du Colin Firth mais en pire : c'est-à-dire qu'il arrive à être classe et coincé, mais là il joue juste mal car il s'auto-caricature. Quant à Everett, il a l'air de s'éclater dans son double-rôle (dont un fortement inspiré de Camilla Parker-Bowles). Mais moi, il ne m'a pas du tout éclaté, j'avais l'impression de voir un mauvais sketch surtout...

 

Publié le 9 Mars 2013

réalisé par Ruben Fleischer

avec Josh Brolin, Ryan Gosling, Emma Stone, Sean Penn, Nick Nolte, Anthony Mackie, Giovanni Ribisi, Michael Pena....

Film d'action, thriller américain. 1h53. 2012.

sortie française : 6 février 2013

 

Gangster Squad

 

Los Angeles, 1949. Mickey Cohen, originaire de Brooklyn, est un parrain impitoyable de la mafia qui dirige la ville et récolte les biens mal acquis de la drogue, des armes, des prostituées et – s’il arrive à ses fins – de tous les paris à l’ouest de Chicago. Tout ceci est rendu possible par la protection, non seulement des hommes de mains à sa solde, mais également de la police et des hommes politiques qui sont sous sa coupe. Cela suffit à intimider les policiers les plus courageux et les plus endurcis… sauf, peut-être, les membres de la petite brigade officieuse de la LAPD dirigée par les Sergents John O’Mara et Jerry Wooters qui, ensemble, vont tenter de détruire l’empire de Cohen.

 

Gangster Squad : photo Emma Stone, Ryan Gosling

 

Le réalisateur de "Bienvenue à Zombieland" et de "30 Minutes Maximum", Ruben Fleischer, adapte le livre "Tales from the Gangster Squad" de Paul Lieberman, un ex-chroniqueur du Los Angeles Time qui raconte le combat d'une bande de flics contre le mafieux Mickey Cohen. Le long-métrage est donc tiré d'une histoire vraie même si l'histoire a été romancée, peut-être un peu trop justement : par exemple, le personnage incarné par Emma Stone n'a pas absolument pas joué de rôle dans l'arrestation de Cohen. Cohen a été arrêté, non pas pour meurtre, mais pour des raisons fiscales. Ce film n'a pas de réel intérêt car c'est du vu et du déjà vu. Les différentes références cinématographiques finissent par bouffer "Gangster Squad": le film n'a au final pas vraiment d'identité. De plus, le long-métrage accumule les défauts : personnages caricaturaux, scénario faiblard, mise en scène bling-bling mais sans saveur, discours patriotique et moralisateur, aucune subtilité... A part un peu Nick Nolte (qu'on voit trop peu) ou les deux seconds rôles Giovanni Ribisi et Anthony Mackie qui sont potables, le reste du casting est décevant : Josh Brolin est mou du genou, Ryan Gosling ressemble à un acteur de série tv qui tourne son premier film, Emma Stone est juste la potiche de service et Sean Penn nous livre ici la pire performance de sa carrière.

 

Gangster Squad : photo Anthony Mackie, Josh Brolin, Michael Peña, Robert Patrick

 

Publié le 9 Mars 2013

réalisé par Claude Zidi

avec Louis de Funès, Coluche, Guiomar, Philippe Bouvard, Claude Gensac, Martin Lamotte, Raymond Buissières...

Comédie française. 1h44. 1976.

sortie française : 27 octobre 1976

 

L'Aile ou la cuisse

 

Charles Duchemin, le directeur d'un guide gastronomique qui vient d'être élu à l'Académie Française, se trouve un adversaire de taille en la personne de Jacques Tricatel, le PDG d'une chaîne de restaurants. Son fils Gérard anime en cachette une petite troupe de cirque.

 

 

Je me suis aperçue qu'il n'y avait pas vraiment de critiques de ces bonnes vieilles comédies françaises populaires sur mon blog. Je profite donc d'en faire une sur "L'Aile ou La Cuisse", qui est passé très récemment sur France 3. La comédie de Claude Zidi semble tomber à pic en pleine affaire du cheval. Je lui reconnais volontiers quelques défauts : le film a quand même pas mal vieilli, notamment la musique de Vladimir Cosma (assez culte pourtant !), certains éléments du scénario sont caricaturaux ou tombent dans la facilité... Mais je prends toujours autant de plaisir à visionner ce film. Non seulement il me fait énormément rire (de nombreuses scènes sont inoubliables !), mais en plus, même si encore une fois le trait est grossi, le fond est toujours d'actualité : le problème de la bouffe industrielle. Le film, assez rythmé, fait pas mal référence à deux figures : d'un côté, le guide Michelin (ici sous le nom de Duchemin), de l'autre, Jacques Borel qui incarne la malbouffe des années 1970 (personnage qui apparait sous les traits de Tricatel). De plus, malgré ses apparences de gentille comédie qui se termine bien, la fin de "L'Aile ou la Cuisse" reste tout de même ambiguë, ce qui donne au film une certaine force. Louis De Funès est excellent dans le rôle de ce directeur d'un guide gastronomique mondialement connu et reconnu. On retrouve évidemment ses éternelles mimiques et son jeu qui l'ont fait connaître, mais je trouve également qu'il était un peu plus posé par rapport à d'autres films (il faut dire que De Funès avait fait un infartus quelques temps avant le tournage) et finalement ce rôle un peu plus "calme" lui va à merveille. Coluche est également très à l'aise dans ce rôle de garçon un peu benêt qui veut s'affirmer face à son père et suivre sa propre voie. Bref, le duo De Funès-Coluche, deux monstres sacrés de l'humour et du cinéma français, fonctionne franchement très bien ! Julien Guiomar est également parfait dans le rôle ingrat de Tricatel.

 

L aile ou la cuisse